Run #1 : 4h17’07 secondes plus tard

Run #1 : 4h17’07 secondes plus tard

Tout commence le 26 janvier lorsque sur un coup de tête je décide d’acheter le dossard d’une amie…

Mon expérience sur les longues distances se résument à du trail , un 72k et un 44k, les deux de nuits par des températures à ne pas mettre un inuit dehors…

Bref je me lance donc dans une préparation qui va durer 70 jours, en passant par le semi marathon de Paris et par la découverte du groupe #boostsentier

Vous raconter ma préparation serait vous dire que j’en ai courru des kilomètres, des sorties longues et des soirées VMA après le travail à 23 heures.

Je vous épargne donc ces 70 jours qui ont été une renaissance sportive. Je vous ferai juste un petit récapitulatif en chiffre de cette prépa marathon :

  • 70 jours de préparation
  • 852 km couru sur cette période (plus que ce que je n’avais jamais couru dans toute ma vie)
  • 39,2 km : la distance la plus longue jamais courue pendant la préparation
  • 6 :02/km : mon allure cible qui donne une vitesse de 9.93 km/h
  • Un RP de 2 :00 :17 sur semi

La semaine précédant le marathon, je change un peu mes habitudes, essayant de me coucher beaucoup plus tôt, mangeant beaucoup de pâtes, bref je fais un peu ce qu’on dit sur les forum de runners pour arriver le jour de la course sans retard de sommeil.

Le jeudi, je fais la connaissance de Malto, cette boisson « délicieuse » qui est censée recharger tes stocks de glycogène. Comme dirait le vendeur de la boutique marathon : 1,5l par jour pendant trois jours ça n’a jamais tué personne. Ce qu’il ne m’avait pas dit c’est que la Malto, ca a un léger arrière goût de Smecta… je vous laisse imaginer ma tête lors de la première gorgée, me disant qu’il fallait avaler ca pendant 3 jours…

Bref c’est avec ma bouteille de ce délicieux breuvage que je me rendais au travail … Le vendredi j’ai rendez-vous avec Sonia pour aller chercher le dossard et commencer a toucher du doigt le défi qui se présente à moi …

Depuis deux semaines je sais que je serai accompagné sur ce marathon, la team #Boostsentier nous a encore une fois gâté en nous attribuant un lièvre. Mais comme notre animal de référence à sentier c’est le Tigre et bien je n’aurai pas un Lièvre mais bien un tigre de course. Mon tigre c’est Marion. Plutôt cool comme fille, elle se propose de m’accompagner à partir du kilomètre 15. On a tout prévu lors du dernier run de sentier, elle sera juste après le ravito du 15e. Sur la droite parce que j’ai décidé de courir à droite…

Bref, Vendredi 11h bienvenue au salon du Running : Sonia et moi récupérons le dossard tant attendu et je pars vite fait pour ma dernière journée de travail de la semaine.

Le stress monte lorsque je me rends compte que je ne peux plus reculer, le vendredi soir je n’arrive pas a trouver le sommeil avant un bon moment.

Samedi arrive, on a prévu avec des copains de retourner au Salon du running pour voir les nouveautés et les prochaines courses auxquelles nous nous inscrirons. Avant cela, un tout petit dernier run de 3 kilomètres parce que les jambes n’attendent que ça… Et puis aussi pour valider la tenue de demain …

La pasta party du samedi midi passée, je retourne à la maison et dès lors c’est préparation du sac, de la playlist et place au repos. Pas de folie aujourd’hui. Si ce n’est la finale de la coupe de la ligue : piece of cake pour le PSG qui étrille Bastia 4-0 avec en plus un doublé d’Ibra et un autre de Cavani …

ma tenue complète toujours #boostsentier
ma tenue complète toujours #boostsentier

Les copains ont décidé de m’accompagner dès le départ, Simon et Alexandre se proposent de m’accompagner dans le sas et de faire ce qu’il peuvent avec moi. Alex n’a jamais couru plus de 12k . Derniers messages échangés, on convient d’un rendez vous à l’arrêt Charles de Gaulle étoile à 7h30 pour déposer les affaires aux consignes.

6h30 je me réveille après une nuit étonnamment calme et reposante. Tout est en place dans ma tête alors même que le stress me rongeait quelques heures auparavant. Un coup de fil aux copains pour les réveiller (je veille sur ma troupe) et c’est parti. Enfiler comme un rituel la tenue, accrocher le dossard, revérifier le sac et c’est parti pour une journée folle.

Alex, Simon et Moi (pas bien fiérot le gars a ce moment ...)
Alex, Simon et Moi (pas bien fiérot le gars a ce moment …)

Je retrouve les copains comme prévu à Charles de Gaulle Etoile. On se dirige vers les consignes comme des moutons au milieu d’un troupeau : pas besoin de réfléchir, tout est bien indiqué. Alex accroche son dossard. Au passage on croise des copains runners, on s’encourage on se souhaite le meilleur pour cette première …

Alex m’a fait une surprise en faisant floquer son maillot avec un Go Hippo dans le dos… Cette attention me touche énormément

Direction Les Champs Elysées, une envie pressante ? pas de soucis, aujourd’hui faire pipi sur la plus belle avenue du monde c’est autorisé… Alors je ne me gêne pas, je prends tout ce que ce marathon peut m’offrir même les plus surprenantes.

L’entrée dans le Sas 3h30 se fait au prix d’un déshabillage furtif pour faire rentrer les copains, avec un seul et même dossard (celui d’Alex étant un dossard qu’on a racheté rapidement la veille : nous n’avons pas eu le choix dans les Sas : 4h30 pour alex, 3h30 pour moi…)

Le soleil est de la partie, il ne fait pas trop chaud, il est 8h45 le départ Elites est donné par madame le Maire.

Peu à peu le départ par vagues se fait, on s’approche doucement de la ligne de départ, j’ai les jambes qui veulent en découdre après cette loooooooooongue prépa…

La montre me fait signe qu’elle est prête a être mise en route, et les copains m’entourent et m’encourage déjà. Un dernier : On est qui ? #Boostsentier juste avant la ligne et ca y est on est parti.

L’allure cible a changé je souhaite aller 23 secondes plus vite. On se calera à 5 :39/km. Le premier kilomètre est fou, la foule est présente, les Champs Elysées sans voitures sont magnifiques. Mais ma montre vibre déjà : Les copains on est 1 minute trop rapide. Je leur fais signe de ralentir . J’en ai encore 42 a courir.

Les copains m’entourent bien, on trouve finalement notre rythme, la rue de Rivoli nous est offerte, les pompiers ont déployé la grande échelle au dessus de la rue et nous encouragent d’en haut.

Les jambes répondent bien, ma playlist est top, on arrive déjà sur Bastille, première pâte de fruit, on en est déjà à 5 kilomètres, le ravitaillement est sur la gauche, les copains font le détour pour me prendre une bouteille d’eau pendant que j’alpague Amadou qui fait des photos. Je vais bien, je me sens bien, c’est le début d’un long voyage.

Okay j'ai pas un très beau sourire vu de la ...
Okay j’ai pas un très beau sourire vu de la …

Les 5k sont passés en 27 :58 Soit 5,35/KM

Les copains de Sentier seront au 6k sur la droite, leurs encouragements sont à la hauteur de l’événement, Nadim au mégaphone, Alex, Nastya, Julien à la photo et tous les autres nous poussent et nous donnent des ailes. Un peu trop d’ailleurs, on est 30 secondes trop vite, on recommence a ralentir. Et en plus ca commence à grimper un peu …

Le stand d’épongement du 7k est très agréable, les pompiers ont mis en place leurs tuyaux pour nous faire une petite douche, il commence a faire très chaud et un rafraichissement n’est pas de refus.

Le ravito du 10k approche, les copains me demandent ce que je veux. Ce que je veux tout de suite, c’est une clim, un ventilo, un brumisateur, bref tout ce que tu veux pour faire baisser la température. Je leur réponds que je ne veux que de l’eau, Simon s’empresse de m’en prendre. Je mange ma pate de fruit et je continue ma route, entre dans le bois de Vincennes.

Les 10k sont passés en 56 :26 Soit 5,38/KM

La ville est belle, le Château de Vincennes illuminé par le soleil est superbe, l’esplanade est vide malheureusement, le public n’est plus au rendez vous. Et ce sera le cas sur les 5 prochains kilomètres.

Alex, plus que prévoyant a déjà prévenu Marion de notre progression. Elle nous attend déjà au 15k juste après le ravitaillement.

Je m’enfonce un peu dans mes pensées, ce long voyage avec moi-même est bénéfique, il est certainement ce que j’attendais pour clôturer certaines choses. Je me donne le temps de réfléchir et de divaguer.

Le 15e arrive sans crier gare, je suis bien, les jambes tournent sans broncher je sais que Marion arrive bientôt. Alex et Simon ne donnent aucun signe de fatigue et avancent au même rythme. Je m’amuse a faire des calculs et des projections : si on continue a ce rythme la : on passe sous la barre des 4h.

Les 15k sont abattus en 1 :24 :48 Soit 5,39/KM

Marion est la, on parle deux minutes puis je remets mon casque avec la musique un peu moins forte, elle me dit que je suis plus rapide que les 6,02 prévu. Je ne l’avais pas prévenue … Elle me dit que ca ira et commence a me faire l’inventaire des difficultés a venir.

Les stands d’épongement sont salvateurs, ils me permettent de bien me rafraichir. Je tape dans les mains que les enfants me tendent, la foule est de retour Rue de Charenton, c’est agréable. Même si la chaussée se réduit à peau de chagrin tellement le public est nombreux à certains endroits.

Les pompiers ont redéployé une grande échelle au niveau de l’arche du 20e, je n’en reviens pas l’ambiance est à la fête, des orchestre jalonnent le parcours depuis le kilomètre 0.

Les 20k sont passés en 1 :52 :44 Soit 5,39/KM

Je commence a penser à mon record du semi : il est battable, ma montre me dit que je suis dans l’allure cible définie … Pas de dépassements trop rapide ni trop lent a se mettre sous la dent pour la pauvre gardienne du temps.

Le Semi est explosé en 1 :59 :03 Soit 5,38/KM #RP au SEMI 

Je n’en reviens pas, je suis sur les bases d’un temps sous la barre symbolique des 4h00. Même si l’objectif initial est de terminer, je suis super content de mon équipe. Simon et Alex ne lâchent toujours rien. Simon me dit qu’il s’arrête au 22e. La ou les copains de Sentiers nous encourageront pour la deuxième fois.

Si t'avais un doute sur ma détermination j'espère qu'il s'est envolé ...
Si t’avais un doute sur ma détermination j’espère qu’il s’est envolé …

Je suis comme un dingue en passant devant eux, ils me donnent tellement d’énergie. (Merci encore les gars) On repasse par Bastille, c’est beau cette place dénuée de voiture. Et encore plus beau avec cette ambiance de stade de Foot.

On laisse le port de l’arsenal à notre gauche et on arrive sur les quais… toujours ce grand soleil qui tape. Marion me demande si j’ai mis de la crème solaire. Moi ? De la crème solaire ? … On arrive au 25e un ravito sur la droite de la route, Marion me donne ma pate de fruit, et s’empresse d’aller me chercher une orange et de l’eau. C’est top l’eau est méga fraiche.

L’arche de chronométrage est passée et on descend sur les voies sur seine

Les 25k sont passés en 2 :21 :47 soit 5,40/KM

Les quais sont bondés, le public est au rendez vous, sur les pont sur les trottoirs, la fête est belle et les copains sont toujours la, Marion, Alex et surprise Simon qui s’accroche pour aller le plus loin possible.

On passe dans le tunnel des tuileries, Un DJ met l’ambiance pour faire passer ce moment plutôt oppressant. C’est fou comme les organisateurs pensent à tout…

Le voyage psychologique continue, je pense à mes grands parents, à ma famille, mes amis… ils sont la, avec moi, les notifications FB sont la pour me le rappeler…

On sort du tunnel, on remonte vers la place de la Concorde… On commence aussi a rentrer dans le dur physiquement, les jambes sont toujours la, mais elles se font sentir, les pieds sont en bon état … plus pour très longtemps…

Le stand d’épongement du 27e est une vraie mare, et je ne fais pas attention, je mets les deux pieds dans une flaque bien profonde qui me mouille les pieds jusque la bien en forme et performants.

S’en suit une série d’insultes que je tairais, Marion Alex et Simon devront s’y mettre à trois pour me calmer et me remettre dans le droit chemin.

On attaque la partie la plus dure, le passage des ponts. Une suite de toutes petites descentes suivi de petites montées bien casse pattes …

On passe le Troca, des masseurs soignent les coureurs perclus de crampes avant qu’ils ne reprennent le chemin de la souffrance et du plaisir. C’est a cet endroit aussi qu’est situé le ravito.

On est au 30e, Alex est en train de me bluffer, il tient le rythme, Simon aussi. Ils sont la les copains. Marion mène la bande avec des : On est qui ? #BoostSentier bien sentis… Ces trois là me poussent.

Au 30e un mur est signalisé par une affiche. Le fameux mur des 30… Je le tape pas pour le moment même si je sens que je rentre tout doucement dans le dur…

Les 30k sont passés en 2:51:48 soit 5,43/KM

Ils m’impressionnent les copains, Simon mets le clignotant à gauche, il s’arrête. Je ne l’apprends que 2k plus tard …

Le dur : Ce salop me frappe 3k plus loin… Une crampe apparaît à la cuisse droite… je m’arrête pour m’étirer, Marion et Alex auront a ce moment la des mots ultras rassurants. On marche pendant 500 mètres.

La suite sera de plus en plus difficile, je m’arrête à plusieurs reprises pour m’étirer, Marion et Alex s’arrêtant toujours pour me rassurer, m’aider, me dire que je les impressionne. Celui qui m’impressionne c’est Alex, le mec a jamais couru plus de 12k et on en est au 36e … Des copains m’encouragent, je remarche.

Et la on voit Raymond Domenech, le mec pique mon orgueil en me demandant si je vais marcher jusque l’arrivée. £%*¨¨^ (traduction gentille de mes pensées à cette instant)

Les 35k sont passés en 3:28:27 soit 5,57/KM

Je me remets a courir. De toute façon maintenant je la passe l’arrivée. Et en plus avec une équipe de choc. On rencontre des compagnons de galère et on essaie de se motiver pour courir. L’arrivée dans le bois de Boulogne a un goût étrange, on arrive dans une zone sans spectateur. Nada, Oualou, Niente, Ingenting, Rien. Bref : pas d’ambiance. Et pour ajouter du dur au dur, des copains de galère qui marchent sur les côtés.

Le bois de Boulogne est long, très long, mais l’arrivée n’est plus très loin, dernier ravito, dernière bouteille d’eau versée sur la tête, mon T-shirt pèse des tonnes, Marion m’encourage, même si je m’arrête à plusieurs reprises,

Les 40k sont passés en 4:02:58 soit 6,04/KM

Alex, Hippo et Marion : une belle équipe ...
Alex, Hippo et Marion : une belle équipe …

L’objectif n’est plus le temps, le voyage sur moi-même est la plus belle récompense. L’arrivée est toute proche. Je commence a pleurer plus que 1,5k, Amadou est la pour immortaliser les derniers instants de ce vrai voyage. On prend la pose avec mes deux tigres de compétition. On arrive à Porte Dauphine, Marion est mise hors course car elle n’a pas de dossard.

Alex me dit de sprinter, je n’ai plus les jambes, je vois le panneau des 42k, je m’arrête, harangue la foule je crie que je suis marathonien, je pleure, je rigole. 195m pour profiter, on reprend la course avec Alex, un énorme cri libérateur suivi d’un baiser à la ligne d’arrivée pour moi. Un moon-walk pour Alex. Je suis marathonien, Il est marathonien. Putain, on est marathonien les gars …

On se tombe dans les bras et perso je pleure pendant une bonne demi heure…

Putain je suis marathonien ...
Putain je suis marathonien …

Le ravitaillement d’après course est top, les volontaires sont géniaux et super sympa, La médaille et le T-shirt finisher sont la pour couronner une belle journée de running.

On retrouve Marion qui nous attends après les consignes. C’est top, je suis plus qu’heureux, j’ai réussi a boucler ces 42k195. J’ai mal partout, monter une marche est un petit exploit mais ca c’est accessoire : JE SUIS MARATHONIEN

 

Ah mon temps ? 4 :17 :07 … mais on s’en fout : JE SUIS MARATHONIEN…

Des grands merci à :

  • Marion, Alexandre et Simon : je ne pouvais pas rêver mieux comme tigres. Vous avez été exceptionnels …
  • #boostsentier et Lets run paris, les deux groupes de coureurs avec qui je m’entraine… Rejoignez nous, plus on est de fous, plus on rit…
  • Sonia pour m’avoir revendu son dossard
  • Et vous toutes et tous qui m’avez encouragé sur le bord de la route, sur les réseaux sociaux, par SMS et par tout autre moyen…

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