Alpsman : une première approche de L’IronMan Extrême

Alpsman : une première approche de L’IronMan Extrême

Le 6 octobre avait lieu la première édition du triathlon extrême AlpsMan à Saint Jorioz sur le lac d’Annecy. Une bien belle épreuve à laquelle j’ai eu le privilège de participer en relais avec Marcel Zamora. Retour sur ce bel évènement.

C’est Mi-septembre que j’ai appris que j’avais gagné un dossard pour la partie marathon de ce triathlon un peu hors du commun.

Pourquoi hors du commun :
3,8km de natation en pleine nuit depuis un bateau
180km de vélo avec 5 cols à passer et 5000m de D+
et un marathon qui peut se transformer en maratrail si les temps de passages (détaillés plus loin) sont respectés.

Vous trouvez ça vraiment normal de mettre toutes ces épreuves bout-about ???

Bref une épreuve largement inspirée du célèbre Norseman et qui se déroule en France (Chouette).

Pour cette épreuve dont je ne pourrais prendre le départ seul (en vrai j’adorerai mais je n’en ai pas les moyens physiques) je ferai équipe avec Marcel Zamora (Quintuple vainqueur de l’Embruunman et de l’ironman de Nice) et Elodie qui a comme moi été tirée au sort via un jeu sur un Réseau social ou l’on passe tous beaucoup de temps à perdre notre temps.

14550957_10153921816298457_1786359425_oPour être très franc, je ne connaissais absolument pas Marcel Zamora avant la course et ce sont les twins Marlault qui, fans de sport, ont éclairé ma lanterne sur le champion qu’il est. C’est avec mon tout petit palmarès de sportifs amateurs que je me rendais donc en Savoie avec la seule intention de passer la ligne d’arrivée, qu’elle soit en haut du Semnoz ou sur le bord du Lac.

Le Vendredi, j’arrive sous un soleil superbe et l’équipe que nous formons tous les trois (Elodie, Marcel et Moi) sommes pris en photo et nous récupérons nos dossard.

Je n’ai jamais eu de dossard avec un chiffre aussi petit, et pour cause, nous avons droit au N°1. Dans le sac je trouve de super goodies (un haut compressport à ma taille, une gourde, et encore plein de chose, le tout brandé Alpsman…) pour une première, les organisateurs frappent14500323_1344580695559721_4788368476300036607_o fort.

Le Briefing des athlètes le vendredi soir se passe bien, on nous rappelle les règles de sécurité et nous donne rendez vous à 5:00 le lendemain matin pour un départ en bateau pour la ligne de départ. La Pasta-Party qui suit est assaillie par les Ironman, j’en profite pour tailler une petite discussion avec quelques uns, dont Dany.

J’apprends au cours de la discussion que c’est le 9e Ironman de l’année qu’il accompli. Tout cela pour le compte d’une association qui s’appelle l’AEVE.

L’heure est venue de se coucher car même si je cours en dernier,je compte bien voir le départ depuis le bateau et profiter de ce spectacle surprenant.

Surprenant ? Oh que oui.

Voir des hommes (et une petite dizaine de femmes) en combinaison intégrale Néoprène embarquer dans le bateau a quelque chose de surréaliste.

Comme dirait l’un des participants : « Payer 320€ pour devoir sauter d’un bateau au milieu d’un lac, je me sens un peu comme un boat-people »

L’ambiance au sein du bateau est à la concentration et la musique (requiem for a dream) ajoute à la dramaturgie du moment.

14470438_1812154038996909_3796018952829635826_n15 minutes avant le départ, c’est sans sommation que les concurrents sont jetés à l’eau dans une nuit noire. Quelques coups de corne de brume plus tard, le départ est donné et depuis le bateau, le spectacle est saisissant.

Voir une petite centaine de concurrents se jeter a corps perdu dans 12 heures d’efforts minimum est quelque chose de beau et terriblement impressionnant.

Le bateau nous ayant ramenés à terre, nous avons à peine le temps de profiter du soleil levant que le premier concurrent arrive et il s’agit de mon co-équipier Marcel qui a mis une petite heure pour parcourir les 3,8km qui le séparait de la rive.

Quelques foulées plus tard, il passe le relais à Elodie qui me dit qu’elle fera tout ce qu’elle peut mais qu’elle espère me laisser suffisamment de temps pour pouvoir monter au Semnoz et participer au Maratrail.

élodie est sur la gauche (seule photo que j'ai d'elle pour le moment)
élodie est sur la gauche (seule photo que j’ai d’elle pour le moment)
Elle quitte le parc à Vélo une quinzaine de minutes avant le premier concurrent full et nous espérons sincèrement qu’elle s’en sortira bien sur la route. Elle a un palmarès sportif impressionnant et je ne doute pas une seule seconde de sa capacité a survoler cette partie vélo que l’on annonce épique et compliquée par les conditions météo.

J’ai désormais 6/8 voire 10 heures avant de prendre le départ de mon marathon.

Je décide d’aller me recoucher pour emmagasiner le plus d’énergie et surtout ne pas en perdre à tourner en rond en attendant Elodie.

Malheureusement pour Elodie, la pluie et le froid s’abattent sur les montagnes qui nous entourent, et ralentissent sa progression.

Je vais m’échauffer vers 16 heures en me disant que notre coéquipiere ne devrait plus tarder. Puis je me dirige doucement vers le parc à vélos pour attendre avec un peu d’impatience la puce de chronométrage. D’une part parce que je veux vraiment faire un bon temps sur ce marathon, d’autre part j’aimerai que notre équipe soit top-finisher, et pour cela il faut atteindre le 27km du marathon avant 18:10.

Le temps avance et je revois mes exigences d’allures pour le tournant du 27e augmenter, jusqu’au moment ou je sais pertinemment que je ne pourrais pas tenir pour essayer de monter au Semnoz.

Ce n’est pas grave, je donnerai tout sur le lake-finisher qui est tout plat et assez roulant (mis à part une petit partie dans les bois).

Mais au bout d’un certain moment je finis par ne plus m’inquiéter pour mon marathon et son tournant du 27e km mais pour Elodie qu’on ne vois toujours pas arriver. Elle est partie première avec une belle avance et il reste désormais peu de concurrent sur la route (moins de 5) et elle n’est toujours pas rentrée.

Je scrute au loin sur la route pour repérer sa silhouette, je ne suis plus échauffé et je commence même à avoir froid lorsqu’elle pointe le bout de ses roues.

A cet instant je la félicite et la remercie d’être allée au bout d’elle même dans ces conditions, je m’empare de la puce de chronométrage et je pars comme une fusée sur mon marathon que je sais être désormais un billard puisque le tournant est fermé depuis quelques minutes.

Le circuit du marathon est composé de 5 boucles de 8km et d’un tronçon de 3 pour rejoindre le premier ravitaillement.

Les bénévoles qui remettent les bracelets au premier ravitaillement ont d’ailleurs un peu de mal à me le donner au premier passage et ne me le donne carrément pas au deuxième. J’attrape a chaque fois deux bouteille d’eau pour m’asperger les bras et les jambes et suivre les conseils de Pascal : « bois régulièrement une ou deux gorgée toutes les 5/7 minutes »

Alors même que la semaine précédente je souffrais de crampes dans le deuxième tiers du Paris Versailles, je ne souffrirais ici pas de crampes avant le 37e.

Peut-être est-ce aussi les manchons de compressions que j’utilise sur les marathons qui servent et que je devrais utiliser plus régulièrement.

Chaque passage devant le stand de ravitaillement je ralentis désormais pour prendre un bracelet, un peu d’eau mais aussi une salve d’encouragements des spectateurs (peu nombreux mais Ô combien précieux et fervents).

Au troisième passage, Vilja (la petite amie de Marcel) décide de m’aider à garder le rythme pour m’emmener sur un bon temps et nous gardons une allure très soutenue. Et dépassons un nombre incalculable de concurrents qui courent le full Ironman.

Frustrant pour eux comme pour moi :
– en les dépassant, pour certains à plusieurs reprises, je les ai certainement découragés (certains se demandent tout haut qui étaient ces fusées)
– moi car hormis Vilja je ne trouverai jamais de concurrent dans mon allure.

Lors du dernier passage sur le ravitaillement je m’équipe d’une lampe frontale car la nuit est tombée et que certains passages sont très mal éclairés. On me propose du thé et de la soupe que je décline. je bois un coca et prend un Tuc (Antho bonbon pourra vous raconter leurs bienfaits)

Il ne me reste qu’a dérouler et l’arrivée le long du Lac sera passée.

Les crampes se font sentir à partir du 37e et je ralentis significativement. je n’ai pas d’allure sur ma montre car elle bug depuis un bon moment.
Ceci dit je sais que je suis bien plus rapide que mon record d’il y a un an à La Rochelle.

Vilja égraine les kilomètres à venir comme un chapelet et 400 mètres avant l’arrivée, je lance mon sprint, il n’y a quasiment plus de spectateurs mais je donne tout. Je m’écroule sur la ligne comme à mon habitude et mets quelques temps a récupérer de mon effort.

14440719_1811119822433664_8263224065374298459_n-2J’ai tout donné et je reste sonné au sol un bon moment. Le speaker annonce 2:48 pour mon marathon ce que j’ai du mal a croire.

je suis vraiment content et retrouve Elodie et Marcel et nous débrifons cette course qui se termine bien.

j’aimerai remercier l’organisation de L’Alpsman de m’avoir offert l’opportunité de participer à un tel évènement. Cela m’a donné envie d’y participer en individuel mais aussi de venir découvrir les montagnes l’été.

Par ailleurs j’aimerai revenir sur mon temps qui a provoqué beaucoup de réactions dont certaines haineuses par messages:

Il est clair que je ne suis pas capable de courir en 2:48 pour le moment (un jour peut-être, je me le souhaite). Il a été corrigé a 3:03:17 suite à une erreur de chrono.

Je ne crois toujours pas que cela puisse être le bon temps même s’il s’approche un peu plus de la réalité.

Ceci dit : je ne suis en rien responsable des publications d’un groupe/page Facebook qui ne m’appartient pas. Et encore moins responsable d’une société de chronométrage. Je l’ai partagé car j’étais fier d’avoir participé et d’avoir terminé ce marathon. Et les réactions abaissantes voire blessantes de certains sont dommages.

Donner trop d’importance au chrono c’est aussi oublier que le premier but de la course à pied de de justement prendre son pied et de s’amuser.
Donner autant d’importance à mon chrono c’est oublier qu’il y a 100 autres mecs et filles qui se sont battus entre 12 et 18heures contre eux-mêmes et contre les éléments pour passer la ligne d’arrivée.

Je ne connais donc toujours pas mon chrono exact et ne le connaitrais désormais plus mais j’espère que cette mise au point aura le mérite d’arrêter ce petit défoulement de certains.

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