Marathon de Paris 2017 : c’était chaud.

Marathon de Paris 2017 : c’était chaud.

Je ne vous referai pas un compte rendu aussi détaillé que celui du marathon de paris 2015. Il est et restera le premier. Cependant retour sur un marathon parisien cru 2017 plutôt réussi sous bien des aspects

La genèse :

Vous vous souvenez certainement de mon article sur l’alpsman et de ma réponse à certains d’entre vous à la fin de l’article. Ce que je ne vous avais pas confié c’est que pendant un long moment j’ai hésité a rechausser des running. Et encore plus a m’aligner sur la distance fétiche de Philippidès. C’est en discutant longuement d’abord avec moi-même et ensuite avec les amis runners FX, greg, et d’autres encore que j’ai doucement eu envie de revenir baskets au pieds pour fouler le bitume.

Et puis le marathon de paris 2015 restait un souvenir marquant et je souhaitais profondément revivre ça. C’est donc dans la torpeur d’un mois de décembre assez frais que j’achetais le précieux sésame pour prendre le départ du semi-marathon ainsi que du marathon.

Après avoir engraissé le grand capital, mon portefeuille plus léger de quelques centaines d’euros, je pouvais mettre en branle une préparation marathon de 4 mois.

La prépa :

Je ne me suis clairement pas préparé idéalement, j’ai chaque semaine repoussé l’échéance en me disant que je ferai mieux la semaine suivante. Jusqu’à l’instant fatidique ou je ne pouvais décemment plus reculer. 8 semaines avant.

Deux petits mois ou j’ai essayé d’être relativement sérieux et d’avaler du kilométrage, 450 pour être précis.
Comme d’habitude j’ai couru à la pause, la nuit et sur mes jours de repos avec les adidas runners (république notamment). Les sorties longues, seul du dimanche soir m’ont régulièrement oté toute envie de continuer. « A quoi bon? » me disais-je…

A chaque doute j’ai trouvé une parole d’un ami, un réconfort d’un(e) pote, les encouragements de mes soeurs, les mots de mon chef.

Cette préparation a aussi été mouvementée parce que j’ai changé de travail et que j’ai du m’adapter au nouveau rythme de mon planning. Je dois avouer que la prépa marathon et le changement de travail combinés m’ont régulièrement mis KO debout. Etait-ce pour mieux finir le marathon? c’était mon plan.

Au niveau nutritionnel ça a été du grand n’imp’ j’ai un peu déconné plein tube jusqu’à une semaine avant et j’ai abordé la dernière semaine avec quelques kilos en trop. Ne cherchez pas la une once de tentative d’excuse. ce n’en est pas une mais un constat froid, comme si je notais ici ce que je ne dois pas faire pour la prochaine fois.

Le jour J:

Après être allé checker le sourire des bénévoles pour récupérer mon dossard le vendredi après midi, le samedi était consacré a la préparation de mes affaire et notamment au choix de ma tenue vestimentaire. Mes soeurs m’aidant grandement dans le choix de ce t-shirt violet. (Merci les filles)

Bref le réveil un dimanche matin à 5h t’as envie de snoozer. Et d’ailleurs j’ai snoozer. Après un petit-dèj de champion me voila tributaire de la RATP et franchement l’idée de laisser mon fidèle destrier au garage me peine un peu mais vaille que vaille je rejoins Benjamin à Trocadéro pour ensuite rejoindre le départ dans le SAS 3:15.

FX nous y attend déjà.

Après quelques photos, et les palabres de quelques politiciens, le départ des élites est donné, puis c’est enfin a notre tour.
Nous partons en groupe et FX est mon métronome, lui l’ultra-runner qui ne commence a s’amuser que sur des distance a trois chiffres. Nous avons convenu de partir sur une allure de 4’59 ce qui nous permettrai de rejoindre l’arrivée en 3:30 peu ou prou.

Tel des moutons de Panurge nous descendons les champs-élysées et déjà les premiers encouragements (merci Camy). Le troupeau que nous formons avec les coureurs environnants s’engage ensuite sur la rue de rivoli et déjà de beaux monuments nous saluent de leur majesté. Les tuileries, le louvre, l’hôtel de ville, s’égrainent sur notre route comme les kilomètres s’enchainent sur nos montres parfaitement cadencées.

FX tel le capitaine d’un navire au long cours nous donne le rythme et donne aussi les indications, nous discutons beaucoup (trop?) et j’en oublie presque de boire.

La Bastille est déjà la et sur la gauche se dresse déjà le premier match de rugby… Oups le premier ravito. Une puis deux et pour finir trois bousculades plus tard j’arrive a récupérer les bouteilles et je repars dans la mêlée pour essayer de m’extirper de ce maelström de coureur qui s’invectivent déjà.

Rue du faubourg saint Antoine puis le bois de Vincennes, je suis effaré, je ne pensais pas y arriver aussi frais et aussi rapidement. Nous continuons toujours a discuter, je m’arrose régulièrement les jambes les bras comme mes l’ont préconisé Pascal et Laurent (vous avez été des sources de conseils prudents et assurés… Merci les gars)

Le retour dans paris est toujours surprenant après un passage ou les supporters peuvent se compter sur les doigts des deux mains. D’un coup se dresse deux murs de supporters, familles, amoureux(ses) (je pense a ce jeune coureur qui était a côté de moi toute la course qui s’arrêtera 4 fois embrasser sa copine et qui me confiera plus tard qu’il fera sa demande sur la ligne d’arrivée : je te souhaite sincèrement qu’elle ait dit oui).

J’invective régulièrement la foule pour qu’elle fasse plus de bruit.

Fx règle toujours le rythme de la troupe et nous arrivons bientôt à Bastille, le long du port c’est une véritable étape du tour de france, il ne reste que peu de place pour que nous puissions évoluer et les supporter font un bruit assourdissant, c’est revigorant.

Je me sens vraiment bien, le rythme imposé par FX est en train de s’imprimer dans les jambes qui tournent désormais automatiquement. J’essaie de boire et de m’arroser régulièrement. Il fait terriblement chaud pour l’amateur de froid que je suis. Si le semi avait été trop mouillé, le marathon en a été son complet opposé.

Dernier ravitaillement avant les quais et je perds mon acolyte, la descente sur les voies sur berges est l’occasion de constater que tout va toujours bien, mais que je n’ai plus mon métronome et que désormais je suis seul face aux prochains 18km

La sortie du tunnel des tuileries est salvatrice comme a chaque fois que j’y passe je me sens étouffé et oppressé, le retour au soleil est très agréable.
Je continue a boire régulièrement et pourtant j’ai l’impression de ne plus m’hydrater correctement, j’ai la bouche terriblement sèche et je sais qu’il est déjà trop tard. Que je ne pourrai plus rattraper ce retard hydrique.

Je commence doucement a ralentir pour repousser la venue des crampes qui seront inéluctables, je commence a le sentir, le passage sous le pont de bir-hakeim avec les copains des différentes teams est un moment unique et surprenant, un ilot de folie dans la torpeur des supporters qui ne crient que lors du passage de leur bien aimé coureur. Merci mille fois les amis pour vos encouragement (it means the world comme ils disent de l’autre coté de l’océan)

La suite est plus compliqué et je crampe au 32me, que celui qui ne connait pas le mot crampe fasse un marathon, il découvrira le sens profond du mot et la douleur qui s’y associe. je m’étire tant bien que mal et les coureurs autour de moi auront des mots rassurants a mon égard.

la montée du boulevard Exelmans est terrible mentalement, une épreuve que je vis avec Léo qui a des crampes d’estomac. Si c’est à l’entraînement un passage relativement facile, la montée se transforme ici en col Hors Catégorie qui nous scotche littéralement au bitume.

Régulièrement je me répèterai : « On a beau être con, un marathon ça fait mal… »

Cela fait quelques kilomètre qu’il est acquis que mon marathon se terminera en plus de 3:30

l’entrée dans le bois de Boulogne est un petit crève coeur, je me souviens de ces kilomètres terribles de 2015 ou j’avais l’impression de ne pas avancer et cette allée de la reine Marguerite vallonnée qui ne se termine jamais me donnera a jamais des sueurs froides . Nous quittons les supporters pour le calme et la tranquillité du bois. quelques supporters se massent au 36e parmi lesquels quelques copains qui remontent le moral.

le calme et la tranquillité du bois sont aussi le cimetière des objectifs de beaucoup de coureurs qui voient ici leur derniers espoirs s’envoler avec les crampes. Après avoir alterné marche et course pendant un long moment, je réussis sur les conseils d’une pote a remettre la machine en route pour les 3kms restants.

Le nouveau passage devant la fondation louis vuitton est sympa mais il fait trop chaud toujours, et le soleil me brûle les yeux. Je rêve de voir la ligne d’arrivée et je commence a craquer, je sais que mon papa est sur la gauche à l’arrivée avec Mahaut. Et rien que ça me donne encore la chair de poule.

Les larmes montent et je passe la ligne d’arrivée en 3:48 et des bananes. Enfin.

Et oui On a beau être con, un marathon ça fait mal…
Mais ça fait aussi tellement de bien au moral ce sentiment de plénitude lorsqu’après 3:48 d’efforts la ligne se présente.
lorsqu’après 3:48 d’efforts le simple sourire d’un bénévole est un cadeau béni du ciel
lorsqu’après 3:48 d’efforts une simple banane a le goût d’un repas gastronomique

Bref pour la 4e fois j’ai passé la ligne d’arrivée d’un marathon et si les trois fois précédentes j’avais mis un peu de temps avant de vouloir retourner sur un marathon ce coup ci j’ai vraiment envie de remettre ça.

On va ou les copains ?

crédits photos :
Giao Running
Eliaquim Crossfitrun
Fx

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