Le blues post-marathon, comment le gérer et le surmonter

Le blues post-marathon, comment le gérer et le surmonter

Le Marathon de Paris 2018 s’est terminé sur les coups de 15h pour les derniers finishers dimanche dernier. Plus de 42 000 personnes sont allées au bout des 42,195km du parcours de la capitale. Immense bravo à ces coureurs et coureuses, confirmés comme puceaux sur la distance. QUARANTE-DEUX PU**** DE KILOMETRES GUYS. Si vous faites partie du  »club », ne laissez jamais personne diminuer ou dénigrer de quelque manière que ce soit cet accomplissement. 2h05 ou 6h30 au final le résultat est le même: vous avez effectué la même distance avec vos propres moyens, bobos, doutes et surtout votre sueur. Que vous en recouriez un à nouveau un jour ou pas, vous êtes marathonien-ne pour toujours. Period.

Passée l’émotion de la ligne d’arrivée (rage, pleurs, soulagement, vomi pas joli-joli : on parle ici de vécu… ), il arrive souvent que la décompression qui suit mème à ce qu’on appelle communément le blues post-marathon. On se sent flasque et triste, presque déprimé et la fatigue de la course n’y est finalement pour pas grand-chose. Au travers de ce papier, mon but ne va pas être de vous apporter une solution miracle si cela vous arrive mais plutôt de vous donner les clés pour tenter de le relativiser et de le gérer au mieux afin de retourner courir avec plaisir. Sortez la bière, on est là pour se détendre.

Déjà, je me répète, finir un marathon est un pu**** d’accomplissement. Beaucoup de gens ne connaitront jamais cette expérience donc savourez cette médaille de finisher. Ensuite, essayez de relativiser en vous disant que vous n’êtes pas seul(e) à avoir le blues. Beaucoup de gens se retrouvent un peu perdus suite à un marathon même s’ils n’en parlent pas forcément. Cette sorte de dépression n’est pas une véritable condition médicale en soi mais elle existe. On peut d’ailleurs l’appliquer à d’autres domaines: quand vous atteignez un objectif que vous aviez en ligne de mire depuis des mois / années, c’est normal de subir une énorme décompression une fois celui-ci atteint.

Prenez Novak Djokovic si vous suivez un peu le tennis. Le gars court après Roland-Garros pendant des années, finit par le gagner après plusieurs finales perdues (dont une contre Wawrinka bordel) en réalisant au passage le Grand Chelem sur un an -truc pas vu depuis des décennies dans son sport- et il s’écroule complètement derrière, se blesse et disparait pendant 6 mois du circuit. C’est un cas extrême, j’en conviens, mais qui prouve que oui, cela arrive même aux meilleurs.

Les 3 à 6 derniers mois de votre vie ont tourné autour de ce marathon. Vous avez organisé votre emploi du temps autour et votre entrainement l’a même complètement dicté. Que l’on parle de la nutrition, du sommeil et surtout de la vie sociale, tout a tourné autour de cet objectif. Vous avez mangé, bu, dormi maraton pendant des mois et là, c’est terminé. Est-ce finalement si surprenant de se retrouver dans cet état après cette sorte de deuil ?

FREEDOOOOOOM

« Behind every cloud, there is a silver lining. » Il y a également du positif à en finir avec ce marathon. Vous retrouvez une sorte de liberté sinon perdue, mais au minimum mise au placard avec vos pots de Nutella et vos bouteilles de Tequila. Vous pouvez boire et manger à nouveau ce que vous voulez (même si le faire pendant la prépa est toujours débattable), faire un peu moins attention à votre sommeil sans en subir les conséquences sur la piste le lendemain et surtout, surtout, fini les 3 à 5 sorties hebdomadaires et les réveils tôt le dimanche pour les sorties longues ! Vous allez pouvoir mâter à nouveau Jean-Luc Reichmann, Téléfoot et Michel Drucker pépouse dans le canap’. #crazylife

Et à part ça ? Est-ce qu’il vous faut vous retrouver un marathon pour avoir à nouveau une raison de vivre ? Que nenni que nenni. Il est évidemment libre à chacun d’enchainer les courses tous les week-ends (avec le risque de surchauffe que cela implique) comme de faire un break de quelques semaines histoire de laisser retomber le soufflé. Ça y est, j’ai casé la métaphore culinaire, l’article sera validé par Hippo. (j’ai longuement hésité mais l’hommage était sweet alors je t’abaisse mon chapeau … )

Traiter le mal par le mal

Une stratégie que beaucoup de coureurs adoptent est de s’inscrire tout de suite à de nouveaux événements pour éviter de trop cogiter et de surfer sur la prépa marathon qui leur a donné une forme incroyable. Bon il y a toujours les mecs qui y vont un peu au talent comme les auteurs de ce blog mais vous avez l’idée. Si vous optez pour cette option, assurez-vous simplement que vous ne risquez pas le burn-out qui mène inévitablement à la blessure et à des performances moyennes. Même Kilian Jornet peut sa casser la jambe… et recourir en béquille 2 semaines plus tard. Mais dans son cas, « sa Force est trop forte, il balaie le respect comme le vent balaie les feuilles mortes » >>> Gros câlin à toi qui a eu la référence.

« Est-ce que je suis habitué à répéter ce genre d’efforts, mon corps en est-il capable, est-ce que j’ai cru voir une lumière blanche sur le marathon, est-ce que les gens qui me suivent sur Instagram en ont vraiment quelque chose à carer de mes courses, où cours-je… ? » sont autant de questions qu’il faut vous poser à ce moment-là pour ne pas faire n’importe quoi.

Je pense que la clé pour éviter le blues d’après-course est de trouver un moyen d’appliquer ce que vous avez acquis pendant votre préparation à la vie de tous les jours pour garder une sorte de continuité dans l’état d’esprit. Rester positif, combatif, organisé, capable de se concentrer à fond sur une tâche et ne pas perdre de vue sa finalité. Haruki Murakama, auteur de l’excellent « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond », raconte dans son livre que « la douleur est inévitable mais la souffrance est optionnelle« . C’est quelque chose à appliquer pendant l’effort pour ne rien lâcher mais aussi dans les moments difficiles de la vie de tous les jours.

Si vous voyez ce passage à vide comme n’importe quel autre que vous pourriez traverser à un niveau pro comme perso, si vous acceptez qu’il s’agit d’une étape normale et nécessaire, une sorte de prolongement du plan d’entrainement (semaines 13 et 14 = tu es une larve, une sombre larve) alors vous passerez outre beaucoup plus facilement. Cette expérience vous servira forcément pour vos prochains objectifs et vous rendra plus fort pour la suite de votre vie de coureur.

N’hésitez-pas à partager vos expériences en bas de cet article. Ça vous est déjà arrivé, vous l’avez géré comment ou alors vous n’y croyez pas trop en fait ?

Lâche tes comm’z, 5 publiés = 5 rendus tmtc lolilol <3

2 réactions au sujet de « Le blues post-marathon, comment le gérer et le surmonter »

  1. Achever un marathon en 6h n’est certainement pas un exploit, c’est juste constater que le défi était surdimensionné. Stop à ce nivellement par le bas permanent : si l’on n’a pas l’entraînement pour, on fait un autre sport ou plus court. Un marathon se court, ce n’est pas de la marche nordique…

    1. Votre commentaire est d’une complaisance rare. Chacun fait ce qu’il peut avec ses propres moyens et la marche nordique est une discipline aussi respectacle que n’importe quelle autre.

      Donc du coup, quelqu’un qui finirait un marathon en plus de 6h avec une jambe en moins devrait simplement s’abstenir de participer ? Et quelqu’un de préparé qui se blesse en cours de route simplement abandonner pour ne pas finir dans un chrono aussi « naze » ?

      Vous n’avez rien compris au sport et au dépassement de soi. Finir un marathon en 3 ou 6h aboutit au même résultat: vous êtes finisher.

      Si cela vous ulcère tant que cela, écrivez aux organisateurs des courses pour qu’ils abaissent les barrières horaires et communiquez-nous leur réponse. Cela devrait être savoureux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *