Paris, je t’aime mais je te quitte

Paris, je t’aime mais je te quitte

Ma chère ville Lumière,

Entre nous tout avait bien commencé : tu étais le centre de mon attention une fois par an quand Papa et Maman nous emmenaient te visiter le weekend du 11 novembre.

Chaque année, tu nous faisais découvrir tes merveilles et tu n’avais, à mes yeux, que peu de défauts. Je rêvais d’un jour pouvoir dire : « j’habite Paris »
La découverte de la tour Eiffel, l’arc de triomphe, les champs Elysées puis tes côtés moins bling mais tout aussi beaux et attirants : Montmartre, l’Ile de la Cité, le canal Saint Martin, et tes parcs, ces ilots de verdures qui constituent tes poumons.

La suite était plus chaotique, tu devins chaque semaine le cimetière de mon temps en famille et le TGV de 18:09, de Montparnasse à saint Malo m’emmenant au Lycée, en était le cercueil. Tu étais la ville des bouchons et des espoirs de long weekend perdus.
Tu rythmais ma vie deux fois par semaine et je crois que mon désamour pour ton métropolitain est né de cette période.

Il nous a fallu quelques années pour nous retrouver et c’est à l’aube de 2010 que nous fûmes réunis une première fois. Un stage chez Guy Savoy au Chiberta. Je me souviens qu’à cette époque Monsieur Delanoé, ton maire, avait à peine lancé les travaux de tes halles.

Je voguais alors entre la chambre de Bonne du 7e étage chez tante Mathilde et le haut des champs Elysées. Je découvrais le vin et les petits producteurs avec Jean-Luc au 5e cru, et je ne compte plus les soirées où je longeais ta colonne vertébrale pour retrouver mon réduit avec vue sur la tour Eiffel.

Notre première rencontre dura 8 mois et déjà, je décidais de te quitter pour retrouver Lyon puis la Suède.

Ce n’est que 3 ans plus tard que je te retrouvais, pour l’ouverture du Prince de Galles. Une expérience enrichissante. Il nous faudra encore un an et demi de séparation pour que j’accepte enfin de te rejoindre une nouvelle fois.

Au crépuscule d’une année 2014 très compliquée, Pierre Rigothier m’a offert de le rejoindre dans son équipe du Burgundy.
Comme une énième lune de miel, je redécouvrais tes merveilles; comme un touriste, je revisitais tes monuments lors de mes jours de repos, et avril me voyait terminer, en ton sein, mon premier marathon.

Oui Paris, j’ai été touriste et j’ai rédecouvert tous tes monuments et essayé de découvrir tes quartiers.
Oui paris, j’ai tenté d’être sportif avec toi.

Des apéros dans les bars aux pique-niques entre copains, du brunch du nouvel an 2016 aux ouvertures de restaurants tendances, de sorties longues en sorties vélos, de longues heures au travail aux longues heures assis aux tables, de cinémas en théâtres, je découvrais tes merveilles.

Tu as réussi à me domestiquer : moi, le passionné de grands espaces; moi, l’amateur d’horizon qui ne se rapproche jamais. Sur ton bitume, j’ai perdu une épaule, mais trouvé de nouvelles habitudes de vies.
Tu m’as apporté des rencontres. Fortuites, géniales, troubles, gênantes, drôles, de celles qui te retournent le coeur de bonheur. Tu m’as apporté des AMIS et un AMOUR.

Cette domestication n’a duré qu’un temps ma belle ville lumière.

La violence de ton bruit incessant me fatigue.
Les bousculades constantes sur tes trottoirs sont des minis agressions qui m’usent.
Ta grisaille constante ne m’aide pas à remettre de la couleur dans ma vie qui en a tant besoin.
Tes métros bondés me donnent de l’urticaire

Aujourd’hui, je rejoins la Ville Rose mais n’en doute pas Paris, je garderai de bons souvenirs de ces moments passés main dans la main.
Seulement, on savait tous les deux que ce serait compliqué, moi le gamin de la campagne et toi la grande ville.

On dit que l’amour dure 3 ans, Paris, je t’aime toujours mais je ne veux plus subir tes conditions. Ne tente pas de me retenir, ma décision est déjà prise et je rejoins Toulouse.

Paris, Je t’aime mais je te quitte

2 réactions au sujet de « Paris, je t’aime mais je te quitte »

  1. Salut Hippolyte,
    C’est la première fois que je viens sur ton blog. Il est très beau! J’ai vibré en lisant ton Ironman, je savais pas que tu étais aussi sportif, chapeau l’artiste!
    Je vois que tu quittes Paris avec le vague à l’âme mais cette ville peut être bien usante. Je suis bien content de l’avoir quitté moi aussi.

    Bon installation à Toulouse,
    Keep in touch
    Jean (5è CRU)

    1. Hello Jean Luc
      Merci pour ce gentil commentaire
      J’ai hâte que tu m’envoies tes premières bouteilles qu’on puisse faire goûter ça a Toulouse
      Bonne installation toi aussi

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